Algérie

Reportages réalisés pendant une mission de deux semaines dans les campements de réfugiés de Tindouf dans le désert algérien en février 2010.


Les réfugiés de Tindouf, diffusion mars 2010

SUR LA ROUTE (MAGAZINE): Dans un camps de réfugiés, mars 2010

DIMANCHE ACTUALITÉ (MAGAZINE), mars 2010

Les campements de Tindouf au Sahara Occidental

cliquez ici pour écouter le reportage

– Hadès, le magazine des autres

Les oubliés de Tindouf

Ils sont près de 200 000, exilés au milieu du désert algérien depuis trente-quatre ans, dans l’attente de retrouver leur terre: le Sahara occidental. Aujourd’hui, moins de cents pays considèrent cette zone comme un Etat indépendant.  L’organisation des Nations Unies le place même sur la liste des territoires non autonomes dont le statut reste à définir. Pourtant les Sahraouis, eux défendent et croient à leur droit à posséder leur patrie.

Un panneau solaire pour l’électricité, deux pièces en briques de sable et une tente en  toile…telle est la demeure de Mohamed depuis trente-quatre ans. Fine moustache grisonnante et yeux rieurs l’homme fait parti des anciens de Tindouf. Constitué de quelques milliers de personnes à la fin des années 70, les campements accueillent aujourd’hui un peu moins de 200 000 individus. Des individus qui comme Mohamed veulent retourner dans leur pays : le Sahara occidental.

En 1976, cette ancienne colonie espagnole déclare son indépendance.  Une initiative très mal accueillie par le Maroc qui revendique encore aujourd’hui la propriété de cette zone au sud de son territoire. Le pays y déploie son armée, des combats éclatent entre les forces marocaines et le peuple sahraoui. « J’étais obligé de défendre mon pays, c’est la responsabilité de chaque Sahraoui. » confesse Mohamed. Pour fuir les violences, une partie de la population se retrouve obligée de fuir vers l’est, et trouve refuge en Algérie près de la ville de Tindouf posé en plein désert.

Aujourd hui les campements des débuts sont devenus de vraies petites villes qui comportent écoles, mairie et petits marchés où se retrouve la jeune génération. Pour elle, l’espoir de construire un futur sur les camps est mince. La plupart des jeunes gens sont obligés de se contenter de petit boulot. Sidahmed est arrivé sur les camps à l’âge de dix ans : « j’ai diplôme comptable mais il n y a pas ce type de travail ici donc je suis obligé de faire de l’informatique pour gagner de l’argent et manger »

Un combat quotidien

Si lui réussit à gagner quelques dinar à la fin du mois, la majeures partie des travailleurs sur les camps, eux, sont volontaires et donc ne touchent pas d’argent. Ainsi les déplacés dépendent entièrement de la communauté internationale qui approvisionne en eau, nourriture et bien de première nécessités les camps. Céréales, farine, riz, huile, chaque mois les familles reçoivent des aliments de base.

Absence de travail, difficulté d’approvisionnement en nourriture mais aussi en eau. Des insuffisances matérielles auxquelles s’ajoutent aussi des manques moraux. Ici, l’une des difficultés des réfugiés est le sentiment d’être oublié.  « Ca fait trente cinq ans que l‘on est là e on n’a pas trouver de solution vous savez pourquoi ? Parce que le monde ne sait pas qu’il y a un peuple qui s appelle Sahara occidental, il y a un peuple qui s’appelle Sahara occidental »

Partir au combat pour recouvrer sa terre ? Une frange de la jeunesse se dit prête. Parmi eux, Ibrahim, responsable d’une échoppe sur le marché explique « on va essayer de gagner notre indépendance de façon pacifique, mais si ça ne marche pas, on peut changer ces méthodes pour la guerre. Beaucoup de pays arabe ont gagner leur indépendance de cette façon »

Impossible de savoir si ces paroles seront suivies d’acte. Pour le moment, la solution pacifique reste privilégiée pour régler la question sahraouie. Le plan : organiser un référendum d’autodétermination qui doit permettre au peuple de choisir entre indépendance, autonomie ou intégration vis à vis du Maroc.  Aujourd’hui, cela fait dix-sept  ans que celui ci doit être intervenir. Le mandat de la Minurso, organe de l’ONU chargé d’organiser ce scrutin a été renouvelé près de quarante fois sans qu’aucun changement n’ait été effectué.

Charlotte Velut

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