Yémen: les étrangers de plus en plus pris pour cible

 Al Qaeda revendique la mort d’un directeur adjoint d’un institut d’enseignement de langue sur une route périphérique de la ville de Taez à près de trois cent kilomètres de la capitale Sanaa. Cet événement est le quatrième à porter atteinte aux étrangers résidents au Yémen depuis le début de l’année. Durant les trois premiers mois de 2012, trois enlèvements de non yéménites ont eu lieu à travers le Yémen.

Charlotte Velut

C’est une scène peu habituelle qui s’est déroulée au sud ouest de Sanaa dimanche matin. Un ressortissant américain a été abattu au volant de sa voiture par des individus en moto. Si les enlèvements d’étrangers sont fréquents au Yémen, les assassinats demeurent extrêmement rares.

Autre fait surprenant : la localisation de l’incident. Le directeur adjoint d’une école de langue roulait dans les environs de Taez, une zone jusqu’à présent considérée comme l’une des plus sûres du pays pour les non yéménites.

Mais la situation sécuritaire semble évoluer. En fin de semaine dernière, une enseignante suisse a été appréhendée dans sa maison à Hodeida, sur la côté ouest du Yémen. Une première dans cette cité où jamais un étranger n’a été tué ou enlevé. Elle se trouverait à présent dans la province de Shabwa, réputée  comme le bastion d’AL Qaeda au Yémen.

Yémen : Les salafistes créent un parti politique

Jusqu’à présent intégrés dans le principal parti d’opposition yéménite, al-Islah, les Salafistes ont décidé de voler de leurs propres ailes en créant un parti politique : Rashad Union. Lancé le mercredi 15 mars 2012 devant une assemblée de 500 participants, il est le dernier né d’une série de faction politique apparue suite à la révolte populaire de l’année 2011 au Yémen. En janvier dernier, al-Omah avait été lancé par les groupes chiites Houthis en conflit ouvert avec les Salafistes depuis deux ans dans le nord du Yémen.

De l’ombre ils passent à la lumière. Les salafistes ne sont, en effet pas nouveau dans le paysage politique au Yémen… Dès le début des années 1980, ils affirment leur courant de pensée ; et acceptent de collaborer avec le régime d’Ali Abdullah Saleh. L’ex Président yéménite utilise cette mouvance qui se réclame apolitique pour affaiblir ses adversaires.

Lors de la guerre civile qui suit l’unification du yémen du nord et du sud, l’alliance discrète entre saleh et les Salafistes est destinée à diminuer  les socialistes. A plusieurs reprises, à l’occasion des échéances électorales, Saleh se sert du courant Salafiste pour réduire al Islah, le principal parti de l’opposition et donc son concurrent politique le plus sérieux.

Aujourd’hui, Ali Abdullah Saleh s’est retiré de ses fonctions changeant la donne politique au Yémen. D’ici deux ans, une nouvelle élection présidentielle devrait se tenir dans le pays. Rashad Union croit en ses chances, fortement encouragée par la popularité des Salafistes en Egypte.

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