UN VENDREDI PAISIBLE AU YEMEN

Le calme. Dans la rue et pour moi !  Aujourd’hui vendredi, jour de grande prière Sanaa est plongée dans une douce léthargie, et je n’ai -que- deux téléphones prévus dans la journée. France 24 et la Radio Suisse Romande pour l’émission Un dromadaire sur l’épaule. En plus, je poste ici l’article paru hier dans La Croix.

Article publié dans la Croix le 03/02/2011 21:02

Au Yémen, la volonté d’une                « révolution pacifique » en rose

Banderole roulée sous le bras et sac en plastique en main, rempli de dépliants, Alaa marche d’un pas décidé. « C’est un grand jour pour le Yémen ! », confesse-t- il, les yeux cernés après sa courte nuit passée à imprimer les dernières pancartes. Étudiant en sciences humaines, le jeune homme de 21 ans se rend à sa toute première manifestation.
Comme lui, ils étaient une dizaine de milliers à converger, jeudi matin, vers le campus de l’université de Sanaa, en réponse à l’appel à manifester lancé par les partis d’opposition et les activistes des droits de l’homme en début de semaine. « Nous sommes l’un des pays les plus pauvres au monde, nous avons la corruption, l’illettrisme, une économie faible et une éducation catastrophique… J’étais obligé de venir aujourd’hui ! », s’exclame le jeune homme.
Afin de sensibiliser le plus de monde possible à son combat, Alaa avait même annoncé l’événement sur Internet, en créant un groupe sur le réseau social Facebook. Une initiative originale pour le Yémen où seulement un habitant sur dix est connecté à Internet. Il se félicite d’avoir rassemblé une petite centaine de personnes : « J’ai le sentiment que c’est la première fois qu’une manifestation venue du peuple se passe au Yémen et c’est la seule façon de vraiment changer les choses », explique-t-il.

Les partis utilisent les illettrés

« Les manifestations qui se tiennent habituellement ne servent à rien. Les partis utilisent les illettrés afin de gagner plus de pouvoir mais ils ne parlent pas des vrais problèmes. Aujourd’hui, les Yéménites parlent d’eux-mêmes », ajoute Khaled, avocat spécialiste des droits de l’homme, un tissu rose délicatement plié dans la poche de sa veste. Autour des têtes, sur les banderoles ou encore en bandoulière, le rose est devenu la couleur de ralliement des manifestants en désaccord avec le gouvernement. Une façon de montrer que leur révolution n’est pas guerrière : « Nous sommes venus sans armes car nous voulons une révolution pacifique », explique Ahmad, étudiant en économie à l’université de Sanaa.
Dans la bouche des protestataires, une question : « Où sont le gaz et le pétrole ? », ou encore de courtes phrases répétées en cadence : « Le Yémen doit se relever », « Il faut changer le système ». Contrairement à la Tunisie et à l’Égypte, ils ne réclament pas nécessairement le départ de leur président, qui a annoncé ces jours derniers qu’il renonçait à briguer un nouveau mandat ainsi que des mesures sociales et économiques et s’est engagé à repousser les élections législatives.

La crainte d’un pays sans leader

Aish, chercheur au centre de réflexion politique Sheba, suit de près les manifestations populaires qui agitent le Yémen depuis une dizaine de jours : « Les erreurs du président Ali Abdullah Saleh ne sont pas les mêmes que celles de Ben Ali ou Moubarak. La plupart des Yéménites reconnaissent qu’il est le meilleur candidat du moment et craignent un pays sans leader. » Avec près 70 millions d’armes pour 23 millions d’habitants, une vacance du pouvoir pourrait se révéler très dangereuse. Sur le plan diplomatique, le président yéménite dispose des faveurs de la communauté internationale, qui apprécie sa coopération en matière de lutte contre le terrorisme.
Ainsi, jeudi 3 février matin, alors que les opposants au régime se rendaient à l’université, près de 3 000 personnes se sont retrouvées sur la place de la Liberté à Sanaa, pour montrer leur soutien au chef de l’État, poster du président et drapeau du Yémen en main. Un rassemblement dont la spontanéité reste relative : « Le cheikh de ma région distribuait de l’argent, jeudi soir, à tous ceux qui s’engageaient à aller soutenir le président Ali », glisse Ahmad le regard méfiant.

Charlotte VELUT, à Sanaa.Retrouver cet article sur le site de La Croix.

Le Yémen, la syrie, et des reportages à venir…

Interview de 5 minutes pour Un dromadaire sur l’épaule, émission de grands reportages de  la RSR .

Deux nouveaux téléphones pour France 24

Pour la situation du jour, Dans l’édition de 9h30 ce matin pour la situation aujourd’hui, et hier soir pour un bilan de la journée. Retrouver les deux sujets ici.

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